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Effectuer une plongee lorsqu'on est handicapé, c'est possible !
Pierre
Article écrit par Pierre, le 01 janvier 2019
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Effectuer une plongee lorsqu'on est handicapé, c'est possible !


J'ai toujours été attiré par les activités « hors du commun ». ULM, Saut en parachute, saut à l'élastique, plongée... Je ne sais pas si c'est le handicap qui favorise ce genre d'envie ? J'imagine que ça y contribue. Tous les jours de l'année, je suis contraint de rester dans mon fauteuil toute la journée. Je n'ai jamais l'adrénaline qu'on peut ressentir lorsque l'on fait du sport. Du coup, j'ai envie de me dépasser de temps en temps. Est-ce pour se sentir plus vivant ou bien juste par curiosité ? Je ne sais pas. Ce que je sais, c'est que ce genre d'activité n'est pas forcément plus compliquée pour une personne à mobilité réduite que la réalisation de certaines tâches « basiques » du quotidien.

Lors de mon voyage en Guadeloupe, je me suis dit qu'il serait sympa de réaliser une plongée sous-marine. Les eaux des Antilles sont beaucoup (beaucoup) plus chaudes que celles de la Bretagne, c'est donc un premier bon signe.

Par chance, j'ai eu la connaissance d'un club de plongée par une collègue de travail. Et pour cause, c'est sa sœur qui tient le club ! J'ai été rassuré tout de suite lorsque j'ai appris cela. Le club est plutôt petit donc les initiations de plongée ne se font pas à la chaîne. Ce critère était pour moi l'un des plus importants. Je souhaitais avoir un minimum d'attention afin de ne pas me blesser. Mais je ne voulais pas que les difficultés que je rencontrerai ralentissent tout un groupe de plongeurs non plus. Je ne voulais pas passer pour le casse-pieds de service.

J'ai pris contact avec le club de plongée quelques jours avant le jour J. J'ai donc pu échanger avec les encadrants afin de leur faire part de mes difficultés. Cela leur a permis de leur côté de réfléchir à la faisabilité de la chose. J'imagine qu'ils n'auraient pas accepté s'ils avaient jugé dangereux de se lancer dans ce projet. Ils m'ont annoncé qu'ils n'étaient pas agrémentés Handisport mais cela ne m'a pas posé de problèmes. Ils semblaient vraiment à l'écoute et je me suis dit que c'était le plus important.

Lorsque je suis arrivé au club de plongée, j'ai été très agréablement surpris. L'équipe voulait tellement bien faire qu'ils avaient réservé tout l'après-midi rien que pour moi !

Après un cours théorique, nous nous sommes changés (ce qui n'a pas été une partie de plaisir, croyez-moi !) et là, la pression a commencé à monter.

Le plan initial était de partir de la plage, ce qui aurait été plus simple que de prendre un bateau. Malheureusement, ce jour-là il y avait beaucoup de ressac et on aurait rien vu des fonds marin. Nous sommes donc partis en bateau. Mes deux auxiliaires ont réussi à me porter sans trop de difficultés. Nous avons bien sûr pris notre temps histoire d'être en sécurité, eux et moi.

Une fois arrivés sur le site, nous avons d'abord dû me mettre à l'eau. Pour cela, un moniteur m'a réceptionné dans l'eau pendant que mes auxiliaires me portaient par-delà le bateau. Nous avons ensuite pu m'installer les bouteilles et le détendeur. Gloups. Un premier essai à la surface de l'eau nous a permis de voir que tout allait bien. Le moniteur m'a ensuite fait aller SOUS l'eau. Re-gloups.

Je n'ai aucune force dans les bras ni dans les jambes. C'est donc le moniteur qui gérait la profondeur et la direction. Il m'a emmené voir les différents endroits du site. C'était un truc de fou ! La sensation d'apesanteur, le silence, la faune, la flore... C'était flippant, ne nous mentons pas. Néanmoins ce moment, hors du temps et au milieu de splendides poissons, est un souvenir qui restera gravé à jamais dans ma mémoire.

Une fois la plongée terminée, il a fallu remonter dans le bateau. C'était une autre paire de manche. Là aussi avec des auxiliaires de vie aguerris et habitués ainsi qu'avec des moniteurs attentionnés, on a réussi à me remonter sans trop d'encombres.

Je crois qu'une des choses les plus compliquées à gérer fut d'enlever cette combinaison. Une fois mouillée, je ne vous dit pas !

Une fois rentrés au club de plongée, nous avons pu débriefer avec l'équipe et mes auxiliaires. Les moniteurs étaient un peu stressés quant à cette plongée mais étaient très content que nous y soyons parvenus. Ils pensent à présent à passer leur agrément handisport ! Cela m'a beaucoup touché lorsqu'ils me l'ont annoncé. Je me dis que nous avons réussi notre démonstration. Tout est possible !

Ce n'est pas la première fois que je réalise ce genre d'activité « hors du commun ». À chaque fois, lorsque je suis sur le point de la réaliser, je me dis « mais qu'est-ce que je fous là ? », « pourquoi je m'inflige ce genre d'épreuve ? ». La réponse arrive généralement peu de temps après : pour me sentir vivant. Et aussi parce que j'adore jouer avec les nerfs de mes parents lorsque je leur annonce ce que je vais faire. Idem pour mes auxiliaires. Qui m'aime me suive !

Cette expérience a été une des plus intenses de ma vie. J'ai rencontré des personnes extraordinaires qui m'ont permis de vivre mon rêve. Je ne les remercierai jamais assez pour cela. Merci Joëlle, François et Jean-Michel !

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