Un “rolling backpacker” à Detroit

Pour plus d’informations sur l’accessibilité de la ville, consultez la fiche destination de Detroit.

Changement brutal puisque je quittais Chicago pleine d’animation pour arriver à l’auberge de Detroit : pas de bruit, de l’herbe et des arbres, pas de gens. Les maisons environnantes en piteux état, une ou deux carcasses de voiture, pas de trottoir (l’herbe a poussé par dessus), ni de buildings à l’horizon. Située dans le quartier de Corktown collé au Downtown (j’apprendrai par la suite qu’on est à 5 min en voiture du centre). J’ai d’abord cru qu’on se trompait d’endroit, après je me suis dit qu’il fallait que je trouve autre chose dans le downtown mais je me suis souvenu des prix exorbitants des hôtels et mon premier réflexe a été de compter mes nuits ici.

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L’entrée de l’auberge avait des marches mais une rampe avait été installée sur le côté. L’espace autour de l’hostel est grillagé et des cadenas sont disposés sur chaque porte. C’est une ancienne maison d’habitation avec des dortoirs plutôt petits, remplis de lits superposés ; avec un escalier pour descendre à la cuisine et à la salle de bains / wc. Je vérifie la réservation que j’avais effectué car je m’étonnais d’avoir pris quelque chose avec des marches. Le sentiment d’autonomie que j’avais jusqu’à présent tombait d’un coup et le problème était que j’étais en théorie seul… Le soir, une autre personne vint me montrer la salle de bain des femmes avec wc équipé et de plain pied avec mon dortoir, un point important s’arrangeait.

Dans le covoiturage entre Québec et Montréal, j’avais rencontré une fille de Detroit qui m’avait passé une liste des choses à voir et à faire. J’en discute avec la personne de l’auberge qui me confirme que c’était de bonnes indications touristiques. (liste communiquée en fin d’article)

Vu mon arrivée mitigée dans cette ville, j’avais décidé de commencer mon séjour par un truc cool : visiter le musée Motown. Visite guidée dans le premier studio de la ville où sont nés quelques tubes légendaires et où sont passés nombres d’artistes. J’enchaîne ensuite avec le Detroit Institute of Art où je découvrirai une magnifique collection d’artiste Afro-Américain. Ensuite découverte du downtown où je resterai quelques heures, un concentré de buildings modernes mêlés avec de vieux édifices « art-déco ».

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Sentiment étrange, la ville est à moitié fantôme, il n’y a pas beaucoup de gens, ni de voitures, ni de trafic. De grandes avenues vides, des immeubles délabrés, une ou deux carcasses de voitures brûlées sur le bord de la route. L’ambiance me confirme que je ne sortirai pas le soir. Bien sûr, je connaissais la réputation de la ville mais là j’y étais et quand le matin en discutant avec le chauffeur de taxi, il me dit « here, they kill for anything », j’avoue que j’ai été un peu calmé !

Le lendemain, je me promènerai le long de la Riverwalk, piste piétonne et cyclable longeant la Detroit River, promenade plutôt sympathique, familiale et sportive ; très facile en fauteuil roulant, qui en plus aigayait un peu l’ambiance légèrement glauque de la ville.

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Je remonterai tout le downtown avec comme projet d’aller voir plusieurs sites indiqués sur ma liste. Je termine en assistant à un live jazz au Cliff Bells.

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A l’hostel cette fois, pas une foule de touristes asiatiques (à l’inverse de Boston & Chicago). Surtout des européens, des américains et des canadiens. Etant pas mal livrés à nous même dans cette petite maison en plus d’une certaine promiscuité, les liens se tissent facilement et les histoires de voyage s’échangent.

Pour les transports, le réseau de bus étant très pauvre à Detroit, j’avais décidé de gérer mes déplacements en taxi. J’avais eu un bon feeling avec le premier taxi appelé par l’hostel, je fonctionnerai avec lui pendant ces trois jours.

Pour la fin de mon séjour, ça sera une journée plutôt étrange. Je la commence tôt le matin par les trois heures habituelles de tétris pour faire mon sac. Je fais un petit tour dans le quartier de l’auberge.

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Je quitte celle ci et pars ensuite voir la Central Station, l’ancienne gare de Détroit, fameuse ruine qui commence à être restaurée. Après un repas direction Heidelberg Project, le projet d’un artiste qui a décidé demettre de l’art à ciel ouvert pour redonner vie à un quartier défavorisé totalement laissé à l’abandon. C’est un peu un « bric à brac » d’objets de récup, des inscriptions, des dessins, sur les murs et sur les maisons. Je me rends compte au bout de quelques minutes que certaine de ces maisons sont habitées. Certaines n’ont plus de toit, plus de fenêtres, ou sont brûlées. Pas de bruits, pas de vie, c’est une ambiance vraiment très étrange.

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En revenant me chercher, le chauffeur de taxi, âgée d’une cinquantaine d’année me raconte que ce quartier était chic dans les années 1960, qu’il regorgeait de monde, les gens se promenaient, il y avait des commerces, de la vie… Mais avec la crise de 1999, les gens sont partis pour d’autres états et c’est devenu comme ça.

Ensuite, nous allons à l’usine Packard, une ancienne grande usine automobile de Detroit, elle aussi laissée à l’abandon. En allant vers l’aéroport, je décide de m’arrêter à Deaborne, là où Henri Ford a son musée, ses anciennes manufactures et le beau et joli ‘Griedfield Village’. Ici, les maisons sont restées telle qu’a la grande époque. Il faut normalement entrer dans le musée mais j’en aperçois une petite partie de l’extérieur.

Mon trip US se termine, le taxi me dépose largement en avance à l’aéroport. En allant aux toilettes, je m’aperçois que la poche de mon fauteuil où j’avais rangé mon passeport et ma carte de crédit était déchirée ! Panique ! je me dis que non, mon voyage ne pouvait se terminer comme ça ! je vérifie l’autre poche : mon passeport y était : je pouvais partir, mais pas de carte de crédit ! Mon vol retour vers Paris était le lendemain à 22h et j’avais encore une journée à Montréal et  besoin d’argent.  Je vide trois fois mes poches, ma sacoche : rien. Je m’assois sur un banc pour vérifier mon fauteuil, voir si elle n’est pas coincée quelque part : rien. J’arrive à  appeler le taxi  mais je tombe sur le répondeur ! Je rends le téléphone et m’en vais faire mon enregistrement au comptoir un peu résigné. Je pense aux complications, aux retraits frauduleux, faire opposition, etc.. Je vois quelqu’un jouer avec son téléphone et décide de réessayer : bingo, il répond ! Je lui explique que ma carte a dû tomber dans le coffre, il vérifie et il me dit qu’il l’a !!! Je le supplie de revenir, il sera là dans 40 min. Je vais dehors attendre au point de rendez-vous. Je stressais un tout petit peu, du genre à regarder l’heure toute les 30 secondes, je pensais à mon billet porte bonheur que j’avais dans ma poche. 40 min tout juste, l’ombre du taxi jaune se profile et je reconnais mon chauffeur : Asege : « good man » ! et me voilà en route pour Washington beaucoup plus relax (j’y fais une escale d’une heure. Je me dis qu’il faut que je joue au loto en arrivant). Une dernière journée dans le métropole québécoise et retour en France.

Mon constat global sur Detroit est que je suis content de m’y être arrêté, d’avoir vu la ville, senti son âme et d’avoir fait ce que j’ai fait mais je suis très content d’en repartir.

Mon escale à duré plus longtemps que prévu à Washington et je suis arrivé vers 03h00 à Montréal, bien fatigué & énervé. Mon billet porte bonheur va encore me servir…

A suivre…

Liste obtenue en covoiturage :

Restaurants

_ Cliff Bells  – downtown jazz bar (go on sunday)

_ Slow’s Barbecue – Michigan Avenue in Corktown

_ Gold Cash Gold – Michigan Avenue in Corktown

_ Green Dot Stables – Corktown, really cheap !

Things to see

_ Hart Plaza (close to the GM building)

          – Joe Louis Fist Statue

          – Spirit Of Detroit Statue

_ Heidelberg Project – eastside of Detroit

_ Comerica Park Baseball Stadium

_ Riverwalk – close to Hart Plaza ; Detroit River ; border of Canada

_ Henri Ford museum – Deaborn (suburb)

          – Greenfield village

_ Motown Museum – eastside of Detroit

Auteur : Jo

JoJocelyn - Fondateur du site, il parcourt de nombreux pays et a renseigné de nombreuses destinations. Pour moi : "l'important, c'est le voyage pas la destination "

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