Pourquoi voyager ?

On pourrait parfois se poser la question de l’utilité ou de la pertinence du voyage. Pourquoi voyager ? À quoi ça sert ? Je vous livre ici une petite réflexion que j’ai eue à ce sujet…

Depuis plusieurs années, le voyage s’est très largement démocratisé. Il y a encore 30 ou 40 ans, le voyage était un luxe réservé à une certaine élite. L’arrivée du tourisme de masse et des compagnies aériennes Low-Cost a permis d’élargir la palette des destinations et de proposer des offres pour tous les goûts et tous les budgets.

Les réseaux sociaux et les technologies ont aussi largement contribué à démocratiser le voyage. Même à plusieurs milliers de kilomètres, on reste en contact avec ses proches et avec le monde moderne. On partage ses photos, impressions et expériences avec l’ensemble de sa communauté. Et forcément, ça suscite des envies et des vocations. Tout le monde veut goûter à l’aventure, avoir le frisson de l’inconnu et de la découverte.

Sortir de son quotidien

Le voyage est un moyen de sortir d’un quotidien qui peut paraître terne ou fade. Que l’on soit valide ou handicapé, nous sommes tous plus ou moins ancrés dans une routine. Le train-train dans lequel nous sommes installés est confortable et rassurant. Mais il peut être pesant, fatiguant, voire même aliénant. Le voyage permet de sortir de cette routine.

Lors de la préparation, on est déjà dans le rêve. On découvre un peu la culture, les lieux. On se familiarise avec les noms des villes, des routes, des plages, des restaurants… On sait que l’on va bientôt goûter à cela, nous imprégner de toutes ces choses.

Une fois revenu, on partage son aventure avec ses amis, ses proches. On raconte les frissons, les découvertes et les anecdotes. On est donc encore un peu dans le voyage, comme si l’on n’était pas encore tout à fait revenu.

S’ouvrir au monde

Même si cela peut paraître très cliché, il est vrai que le voyage permet de s’ouvrir au monde. Découvrir de nouveaux pays, de nouvelles cultures, de nouveaux horizons culinaires est quelque chose d’incroyable. On se rend compte qu’il n’y a pas qu’une seule façon de vivre et on se plait à découvrir des coutumes qui nous étaient jusqu’alors totalement étrangères. Et pour une fois, nous sommes au cœur de l’action. Ce n’est pas internet ou la télévision qui nous l’a apportée, c’est nous qui sommes allés nous rendre compte par nous-même.

Dépasser ses propres limites

Partir en voyage est une aventure en soit car nous sortons de notre environnement familier, de notre routine et de notre zone de confort. Tous nos repères sont chamboulés et nous sommes sans cesse face à des situations inconnues. Cela nous force donc à nous dépasser, à repousser nos propres limites. Et on se surprend parfois à faire preuve de ressources qu’on ne soupçonnait même pas. C’est vrai quand on est valide mais ça l’est probablement encore plus quand on est en situation de handicap. Lorsque le quotidien est déjà relativement compliqué, les difficultés du voyage et du manque d’adaptations peuvent sembler insurmontables. Néanmoins, on se rend compte qu’il est très souvent possible de trouver des solutions pour palier à ces difficultés.

Ici, en Sicile. Tutto bene ! Y en a un qui va finir avec la deuxième roue sur les genoux !

Pour cela, il faut faire preuve d’un peu d’imagination mais aussi et surtout d’ouverture aux autres. Ne pas hésiter à demander de l’aide est un élément clé. Cela ne coûte rien et les gens sont souvent contents de pouvoir donner un coup de main. Au retour de voyage, on se rend compte que la capacité d’adaptation qu’on a développée est aussi bien utile dans le quotidien. Les petits imprévus semblent moins graves ou insurmontables et sont beaucoup plus faciles à gérer. C’est ce qu’on appelle l’expérience !

S’émanciper

Le fait de voyager peut être considéré comme une forme d’émancipation. En effet, les voyages sont aussi l’occasion de partir sans sa famille et parfois même loin d’elle. C’est un passage important pour une personne valide et ça peut l’être d’autant plus pour une personne en situation de handicap. D’autant plus quand on sait les liens fusionnels et/ou ultra-protecteurs qu’il peut exister au sein de leurs familles. Dans ces cas-là, la personne en situation de handicap peut se retrouver surprotégée, voire même coupée du monde.

Partir sans sa famille est donc un moyen de couper le cordon et d’acquérir plus d’autonomie. Des amis ou des accompagnants professionnels peuvent très bien prendre le relai et réaliser les aides nécessaires. À son retour, la personne en situation de handicap aura d’autant plus de légitimité face à son entourage qu’elle pourra dire « j’ai réussi seul(e), sans votre aide. Je suis autonome. ».

Faire des activités qui sortent de l’ordinaire

Partir en voyage est également une bonne occasion pour expérimenter de nouvelles activités. On se retrouve loin de chez soi dans un environnement qui change parfois complètement de ce que nous côtoyons tous les jours, que ce soit à la mer, à la montagne… C’est donc le bon moment pour essayer de nouvelles activités, propices à ce nouvel environnement.

À présent, de nombreuses activités sont accessibles aux personnes en situation de handicap. Il suffit de choisir celle qui est la plus adaptée à ses envies et au degré d’adrénaline que l’on souhaite avoir ! Pourquoi ne pas profiter d’être à la montagne pour essayer le parapente ou à la mer pour essayer la plongée ou le kayak !? Une bonne préparation et de bons renseignements vous permettront de trouver les meilleurs professionnels pour vous accompagner dans ces activités.

 

Pour toutes ces raisons, je suis convaincu que le voyage est bénéfique à tous. J’espère que cet article motivera des personnes qui ne souhaitaient pas ou n’osaient pas se lancer dans l’aventure !

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