Pour l’amour du risque

Si j’aime autant les voyages, c’est autant pour les découvertes que l’aventure. Voici une anecdote qui m’est arrivé lors de mon safari au Kenya, en juin dernier. Avec mes auxiliaires de vie, Jo & Antho*, nous avions fait une journée de voiture pour arriver à la célèbre réserve Masaï Mara. Nous avions directement rejoint notre lodge, situé en plein milieu de la réserve…

Quand nous sommes arrivés à l’hôtel, le personnel nous a chaleureusement accueilli et présenté nos chambres. Nous avions deux chambres côte à côte, mais pas communicantes. Une pour Jo & Antho et une pour moi. J’aurai enfin la paix, une chambre pour moi tout seul et pas de bruits, ronflements ou tout autre désagrément qui pourrait m’empêcher de bien me reposer. L’idée était que j’appelle les gars sur le téléphone de leur chambre si j’avais besoin d’aide pendant la nuit. Hyper malin, tout était pensé !

(Mal ?)Heureusement, le personnel nous a indiqué que l’hôtel était entièrement ouvert sur la réserve et qu’il était donc interdit de se déplacer seul lorsque la nuit était tombée. Pour nous rendre du restaurant à la chambre, nous devrons être escortés par un vigile. De même pour quitter notre chambre et nous rendre à la réception, au restaurant ou au bar. Il faudra d’abord appeler l’accueil pour qu’un vigile vienne nous chercher. Nous nous sommes dit que si j’avais besoin d’aide dans la nuit, il y aurait juste quelques mètres à faire pour passer d’une chambre à l’autre. Pas de soucis donc…

Le soir venu, lorsque nous avons quitté le restaurant pour retourner à nos chambres, un vigile nous accompagné sans nous laisser le choix. Nous étions un peu surpris de voir autant d’attention et pensions qu’il n’y avait pas de soucis. On ne voulait pas le contredire donc nous avons docilement accepté cette escorte. Vraiment VIP les mecs !

Il devait y avoir 100 mètres à faire donc nous sommes très vite arrivés à nos chambres. Le vigile a pointé sa lampe torche vers les arbres et nous avons vu les yeux d’une trentaine d’impalas briller dans la nuit. Ils étaient tout près, à peine quelques dizaines de mètres. Impressionnant ! Le vigile nous a dit qu’il y avait beaucoup d’animaux et nous a même parlé de « Cheetah ».

« Dis donc, il y a même des singes, c’est marrant ! » avons-nous pensé, crédules (et surtout un peu cons) que nous sommes !

Je me suis rapidement couché, épuisé par une journée de voiture et l’émotion d’avoir vu mes premiers éléphants en liberté.

Les gars, quant à eux, voulaient fumer une dernière cigarette avant d’aller dormir.

Je commençais à sombrer lorsque Jo est entré comme une furie dans ma chambre !

« On vient de voir des hyènes attaquer les impalas ! Trois hyènes ! Elles étaient à 10 mètres de nous ! »

« Hein ?? Quoi ??? Tu déconnes ? »

« Non je te jure ! On ne les a pas entendues ni vues arriver. On a entendu un bruit puis les impalas se sont tous levés en même temps. Et là on a vu les hyènes attaquer ! »

« C’est chaud ! »

« Ouai, moi je dors dans ta chambre cette nuit. Pas question que je ressorte dehors si tu m’appelles et que tu as besoin d’aide ! »

Moi, j’’étais dégoûté de devoir partager ma chambre ! Mais bon, il faut reconnaître que c’était un cas de force majeure ! Heureusement qu’il y avait un lit d’appoint dans un coin…

C’est donc à ce moment-là que nous avons compris que le personnel de l’hôtel ne rigolait pas et qu’il y avait un réel danger. Jamais je ne me serai attendu à faire face à une telle situation. Mes auxiliaires non plus d’ailleurs ! Ils ne s’attendaient pas à risquer de se faire bouffer par des hyènes en accompagnant une personne handicapée en voyage ! Et surtout, ils vont finir par me demander des primes de risques si je continue à faire des voyages comme celui-là !

 

Epilogue

Le lendemain, alors que je feuilletais mon guide de voyage à l’hôtel, j’ai appris que « Cheetah » signifiait « Guépard ». Gloups…

 

* Dans un soucis de respect de leur vie privée, les noms des auxiliaires ont été volontairement tronqués modifiés.

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